Vous pouvez refermer cette fenêtre pour revenir sur le site
Porquerolles 2012
Résultat décevant pour cette régate sympa jouée cette année dans des conditions meteo pas terribles!

La météo prévoyait des orages, un peu de pluie peu-être mais des vents plutôt legers (10n env), en fait le vent montera au-delà de 30nœuds par périodes avec des passages de cap délicats, notre équipage de 4 va s’avérer largement insuffisant et son skipper pas très motivé...

Préparatifs – je change la basse bastaque dynalight cassée par une toute neuve avec une belle épissure, André Chiche et moi nous plongeons le dimanche pour une bonne préparation de la carène, je fais réparer la petite GV et le vieux gênois mais - le temps manquant - je néglige de vider au maximum le bateau d’une foule de choses encombrantes et inutiles... Je suis un peu perturbé par les prévisions météo qui prévoient un coup de vent de mistral mardi et mercredi nous obligeant à convoyer le lundi au plus tard (dimanche où nous avons caréné, le mistral soufflait également!) et à un ballet de voitures.
Le convoyage du lundi se passe très cool avec un vent d’est modéré qui nous permet de tout faire à la voile en un peu plus de 5 heures.

La régate – L’équipage minimum prévu ne sera pas augmenté des quelques équipiers a;léatoires qui se retrouvent  coincés par d’autres obligations, il se compose de Fred, Jean-Jacques, André Chiche et moi. Age moyen 60 ans environ, Fred le plus jeune faisant d’ailleurs baisser la moyenne, en sous effectif, je sens que les cartes ne nous sont pas favorables...
Le matin du jeudi 17, le vent est léger, la metéo n’a pas changé et - optimiste - je décide de partir sous GV maxi grise (très creuse et difficile à aplatir en cas de besoin), je vais vite le regretter, même si André C pense (et il a sans doute raison) qu’on aurait pu tirer notre épingle du jeu quand même. En effet, dans une situation de vents variables, on perd moins avec uns voile trop grande dans les moments de vents forts qu’avec une voile trop petite dans les moments de vents faibles...
Enfin, nous sortons du port et très vite le vent se met à monter, 15n puis 20 à 25n, on met directement le solent. le parcours est allongé cette année par un tour de la baie de Fos. Juste avant le départ, une abattée brutale, grande voile léchée sans lacher la bastaque sous le vent et la basse bastaque babord casse net! J’aurais dû évidemment la changer elle aussi...! Du coup, me voilà manquant de confiance dans la possibilité de cintrer le mat (il faut monter au mat pour passer un cordage de remplacement provisoire, le vent fort n,’est pas là pour m’inciter à le faire), et toute la régate, je vais hésiter à torcher de la toile et ce manque de motivation va se traduire dans la place finale... Quant on part perdant...
On prend donc un départ médiocre et retrouvons un peu de motivation en tirant des bords, le louvoyage est bon, mais le petit bord de portant vers Fos, je n’ose même pas envoyer le spi, le retard commence à s’installer. Sur le deuxième près qui nous fait enfin sortir de la baie, le vent forcissant m’incite à prendre aussitôt le 1er ris. On le gardera jusqu'en baie de Marseille.Fantôme, le Drac de la Nautique (à qui nous rendons du temps, 20s/mille, alors que c’est un one tonner et nous 3/4 seulement mais 4 ans plus jeunes) se distingue déjà en se maintenant devant nous. Notons que c’est le vainqueur des deux éditions précédentes. Le magnifique Vertigo, First 45 tout neuf sort du golfe en 1ère position, suivi de près par le Dehler 36 de Sevilla (SNPDB), un des favoris, ayant déjà 2 places de second dans les éditions précédentes. le JOD de la Nautique, déjà vainqueur auparavant est pas mal placé également. Le First 40 du CNTL est derrière nous et étale mal les rafales. Il finira par prendre un ris comme nous...
Nous tirons le premier bord le long de la côte - ce qui en théorie n’est pas mauvais - mais, après Carry, il aurait fallu virer pour défiler sous le vent du Frioul (que le parcours oblige de laisser à td), le vent est adonnant tribord là bas et nous allons y laisser d’autres plumes finalement. Le groupe de tête a bien creusé l’écart, on ne peut même plus les identifier. Fantôme est devant nous et chaque fois que le vent forcit, il nous distance inéluctablement, le GV plate n’y aurait rien changé, il a un rating terriblement favorable dès qu’il y a de la brise... Par contre, dans le molles, nous arrivons à refaire notre retard! Mais pas franchement à le dépasser, les molles en question ne durant pas assez. Pas de changements dans les positions, il y a 8-9 bateaux maximum devant, tout le reste (plus de 20), parfois loin derrière. Au bout de la rade sud aux abords de Croisette, le vent de SE se déchaîne avec des pointes au-delà de 35 nœuds, nous prenons le 2e ris et passons le cap en gardant le contact avec Fantôme, 1 JOD devant, un autre derrière plus quelques autres bateaux ainsi que le First 40 qui reste sagement derrière nous.
Riou est à laisser à babord, le vent va petit à petit se calmer un peu mais la mer est forte avec des creux jusqu’à 2-3 m. Aux abords de Cassidaigne la nuit tombe, le vent aussi, nous voilà sous gênois-GV et Fantôme qui a tout renvoyé lui aussi plante des pieux, nous finissons par l’avoir derrière. Aux jumelles, on voit le groupe de tête qui spie devant La Ciotat avant l’obscurité complète puis le vent rentre et la nuit va se passer dans des vents de 5 à 30 nœuds sous les rafales d'orage, éclairs, pluie, etc...bref sauf du sommeil, à 4, tout le monde au charbon à barrer, changer de voile regler, etc
Un aparté: à la faveur d’éclair nous voyons passer à fond la caisse (le moteur est impossible à entendre avec le tonnerre, le vent) un voilier pas loin, un des JOD attardés probable. Il ne sera sans doute pas seul car comment expliquer qu’à Porquerolles 13 bateaux sont maintenant devant.
Fin de nuit devant Le Langoustier, nous attaquons le tour de l’île quand le premier nous croise! Déprimant! Fantôme n’est pas loin devant, il reste de la brise et nous passons le cap d’Armes sous Solent-1ris, je ne renvoie pas à tort (mais sans basse bastaque...) car le clapot aux Sarraniers est infernal (courant + remontée des fonds) et le mat souffrirait plus mais Fantôme en profite pour mieux passer que nous.
Passé l’extrémité est du parcours on peut enfin choquer les écoutes, nous sommes épuisés et préférons petit-déjeuner que renvoyer le spi pour contourner la bouée Roussat à La Tour Fondue.
A Ribaud nous spions enfin à la poursuite de Fantôme qui n’a que 5 minutes d’avance, on ne le rattrape pas du tout dans ces vents medium, c’est encore plus déprimant. A l’approche de Sicié, affalage plutôt qu’empannage, bien nous a pris car aux Deux Frères, une violente rafale couche le bateau sous un lof magistral qui va me refroidir définitivement.
C’est sous solent ou trinquette tangonnée (au gré des empannages) que nous terminerons le parcours, en ne perdant pas beaucoup plus que précédemment sur le Drac qui finira les 148 milles du parcours avec 1/4 h d’avance sur nous, il en récupère 3/4h grâce à son rating et finit 5e TC, nous sommes 11e, le vainqueur le Dehler 36 Magic nous prend 3h30 en réel mais seulement 2h et des poussières en TC. Je ne sais pas si on pouvait toutes les récupérer mais on est passé à côté de notre chance encore une fois.
Tâchons de tirer leçon de ces quelques faiblesses et erreurs et gageons qu’une édition prochainenous voir enfin réussir!
PREMIERE LEÇON
La météo, c’est pas une science exacte!
André Simon